Le mot « zellige », également écrit zellij ou zillij, désigne un art décoratif emblématique de l’architecture du Maghreb. Des fragments de carreaux de terre cuite émaillée, de différentes couleurs, sont assemblés pour former des motifs géométriques. La finesse des découpes permet de réaliser de véritables marqueteries de céramique.

L’expression « petite pierre polie » évoque le lien avec les anciennes mosaïques d’Afrique du Nord. Au lieu d’assembler des tesselles de marbre, les artisans utilisent des fragments de carreaux de terre cuite colorée et émaillée.

La géométrie occupe une place centrale dans cet art décoratif. Carrés, losanges, triangles, étoiles, croix et polygones se combinent selon des compositions précises. Leurs formes complémentaires permettent de créer des motifs qui s’entrelacent et se répètent.

Histoire

Le zellige s’est développé au Maroc au fil des siècles, enrichi par les échanges avec al-Andalus et par les différentes dynasties, notamment les Almoravides, les Almohades et les Mérinides. L’architecture et les arts décoratifs se sont affinés, et le zellige a trouvé sa place sur les murs des palais, des tombeaux, des fontaines, des patios et des hammams. Sa palette s’est progressivement diversifiée, des tons blancs et bruns aux bleus, verts, jaunes et rouges.

Où admirer le zellige ?

On peut en admirer de beaux exemples à l’Alhambra de Grenade, à la médersa al-Attarine et à la fontaine Nejjarine de Fès, au mausolée de Moulay Ismaïl à Meknès, à la médersa Ben Youssef de Marrakech et à la kasbah de Télouet.

Cette tradition reste vivante, comme en témoigne notamment la mosquée Hassan II de Casablanca, inaugurée en 1993.

Les carreaux de terre cuite sont émaillés sur une face. Les techniques d’émaillage permettent d’obtenir des surfaces opaques et colorées grâce à différents pigments. Ces savoir-faire se sont développés et diffusés au fil des échanges entre les régions et les traditions céramiques.

La découpe se déroule en plusieurs étapes. L’artisan trace la forme géométrique sur le carreau émaillé, la découpe à la main avec un marteau adapté, appelé menqach, puis biseaute les bords avec précision.

Le maître artisan prépare le motif et organise les formes et les couleurs. Les fragments découpés sont assemblés à l’envers sur une surface plane, face émaillée vers le sol, avec des joints très fins. Un mortier solidarise ensuite l’ensemble. Après séchage, le panneau peut être soulevé et posé à son emplacement.